Immobilier locatif : le statut du bailleur privé adopté, ce qu’il faut retenir

Face à la crise du logement et au recul de l’investissement locatif, l’État et le Parlement ont choisi de relancer la location longue durée via un dispositif fiscal incitatif.
L’objectif : encourager les particuliers à investir dans des logements à louer vides (non meublés), de préférence rénovés ou neufs, pour relancer l’offre locative, notamment dans les zones tendues.

Le 14 novembre 2025, l’Assemblée nationale a voté un amendement au projet de loi de finances 2026 créant formellement le statut du bailleur privé.
Puis le Sénat a approuvé ce dispositif, ce qui rapproche ce statut de son adoption définitive.

Voici les grandes lignes du régime tel qu’adopté (à ce jour) :

  • Le SBP concerne des logements loués vides (non meublés), en résidence principale du locataire. 
  • Le bien doit être acquis à partir du 1ᵉʳ janvier 2026 et mis en location avant le 31 décembre 2028.
  • L’engagement de location est de 12 ans (contre 9 ans dans les premières versions).
  • L’amortissement fiscal (déduction du prix d’achat) :
    • Pour un logement neuf : 3,5 %/an pour un loyer « intermédiaire », jusqu’à 5,5 %/an pour un logement « très social » selon le niveau du loyer.
    • Pour un logement ancien rénové (avec travaux d’au moins 20 % du prix du bien) : amortissement de 3 % à 4 % selon le niveau du loyer.
  • Amortissement calculé sur 80 % de la valeur du bien (la valeur du terrain étant exclue forfaitairement).
  • Plafond d’amortissement : 8 000 € par an et par foyer pour un ou deux logements maximum.
  • Non cumulable avec le régime micro-foncier pour la location nue. 

👉 Autrement dit : le SBP introduit pour les logements vides un régime “quasi-comparable” à ce qu’avaient les meublés via l’amortissement, mais sous conditions strictes (durée, loyer encadré, calendrier, etc.).

Le SBP semble particulièrement adapté pour :

  • Des investisseurs ou propriétaires particuliers souhaitant louer des logements vides, vieux ou neuf, sur le long terme (≥ 12 ans).
  • Ceux prêts à proposer des loyers modérés / intermédiaires / sociaux pour bénéficier de l’amortissement.
  • Ceux qui rénovent un bien ancien avec travaux représentant au moins 20 % de la valeur : cela permet d’amortir le coût d’achat + travaux.

👉 Pour un bailleur “classique” louant nu, ce régime peut réduire fortement la pression fiscale.

  • Le plafond d’amortissement est modéré (8 000 €/an) au-delà, l’avantage s’arrête.
  • L’avantage est conditionné à des loyers encadrés (loyers “intermédiaires” ou “sociaux/ très sociaux”) ce qui limite le rendement locatif “haut de gamme”
  • Le dispositif semble s’adresser aux logements vides uniquement, pas aux meublés ce qui pourrait désavantager les bailleurs qui préfèrent le meublé.
  • Il faudra attendre les textes réglementaires / décrets d’application pour connaître les modalités précises ce n’est pas encore figé.

  • L’adoption définitive du dispositif dans la loi de finances 2026 et publication des décrets d’application.
  • Les plafonds exacts, conditions d’éligibilité et les modalités d’amortissement qui seront définis par décret.
  • L’évolution possible des régimes pour les locations meublées car certaines mesures pourraient les rendre moins avantageuses. 
  • L’impact concret sur le marché locatif : loyers, offre de logements, attractivité des investissements, etc.

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