À partir du 1er janvier 2026, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) sera réformé. Cette évolution, très attendue, vise à mieux refléter le mix énergétique français notamment le rôle prépondérant de l’électricité nucléaire et pourrait faire sortir jusqu’à 850 000 logements du statut de passoires énergétiques. Une bonne nouvelle pour de nombreux propriétaires… et pour le marché immobilier.
Ce qui change dans le calcul du DPE
Le principal changement concerne le coefficient de conversion de l’électricité, qui passe de 2,3 à 1,9. Ce coefficient permet de convertir la consommation d’électricité en énergie primaire, ce qui a un impact direct sur la note énergétique du logement. Jusqu’à présent, le DPE pénalisait les logements chauffés à l’électricité, les considérant comme plus énergivores que ceux chauffés au gaz.
En abaissant ce coefficient, l’État reconnaît le caractère décarboné de l’électricité française, largement produite par le nucléaire et les énergies renouvelables. Cela permettra à de nombreux logements d’améliorer leur classement sans réaliser de travaux.
Moins de passoires thermiques dès 2026
Selon les estimations du gouvernement et des experts du secteur, environ 850 000 logements aujourd’hui classés F ou G sortiront automatiquement du statut de passoire énergétique. Parmi eux, les logements chauffés à l’électricité sont les principaux bénéficiaires : 91 % d’entre eux verront leur note DPE s’améliorer, et près de 23 % gagneront une lettre entière. (d’après une étude réalisée par Casam avec les chiffres de l’ADEME)
Un outil gratuit sera mis en ligne par l’ADEME afin de permettre aux propriétaires de recalculer leur DPE à partir de 2026, sans avoir besoin de faire appel immédiatement à un diagnostiqueur.
Quelles conséquences sur le marché immobilier ?
Cette réforme aura plusieurs impacts majeurs :
- Valorisation des biens : les logements actuellement pénalisés par leur DPE retrouveront de l’attractivité, tant à la vente qu’à la location.
- Maintien dans le parc locatif : avec la loi Climat et Résilience, les logements classés G seront interdits à la location dès 2025, F en 2028. Grâce à cette réforme, certains propriétaires éviteront cette interdiction sans faire de travaux.
- Effet d’attente : certains vendeurs pourraient repousser leur transaction à 2026 pour profiter du nouveau classement et vendre à un meilleur prix.
Les limites de la réforme
Malgré ses avantages, cette réforme est critiquée par plusieurs associations, comme l’UFC-Que Choisir ou la Fondation pour le Logement des Défavorisés. Selon elles, elle pourrait masquer la réalité énergétique de certains logements : une meilleure note DPE ne signifie pas nécessairement des factures plus basses ni un meilleur confort thermique.
Le risque est donc que certains propriétaires renoncent à entreprendre des rénovations nécessaires en se fiant uniquement à la nouvelle étiquette.
Ce que cela change pour vous en tant qu’acheteur ou investisseur
Si vous achetez un bien immobilier à partir de 2026, cette réforme peut avoir un impact positif sur votre projet :
- Vous pourrez bénéficier d’un meilleur DPE sans devoir financer de lourds travaux.
- En tant que courtier, nous pouvons intégrer cette évolution dans votre stratégie de financement (par exemple : emprunt avec ou sans enveloppe travaux).
- Nous vous conseillons néanmoins de rester vigilants sur le confort thermique réel du bien et d’évaluer les travaux qui pourraient malgré tout s’avérer nécessaires.
Conclusion
La réforme du DPE en 2026 est une avancée pour rendre le diagnostic plus juste, notamment pour les logements chauffés à l’électricité. Elle permettra de redonner de la valeur à certains biens et d’éviter des interdictions locatives injustifiées. Cependant, elle ne doit pas faire oublier l’objectif principal : améliorer l’efficacité énergétique globale du parc immobilier.
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