Le marché de l’immobilier neuf autour de Tours (Indre-et-Loire) traverse des turbulences notables. Entre une crise de la construction et des signaux de redémarrage, que peut-on attendre en 2025 ? Cet article dresse un bilan des volumes de construction, des principaux défis, ainsi que des perspectives pour le neuf dans l’agglomération tourangelle.
Crise nationale et situation locale
Une crise nationale du logement neuf
En France, le secteur de la construction connaît un effondrement historique : selon Le Monde seulement ~ 250 000 logements mis en chantier en 2024, un niveau très bas depuis les années 1950.
Les conditions de financement se durcissent, les coûts de construction restent élevés, ce qui pèse lourdement sur les promoteurs.
Cette crise touche aussi le logement social, aggravée par la hausse des taux d’intérêt et la pression sur les bailleurs.
Spécificités du marché neuf autour de Tours
Avec un prix d’entrée souvent évoqué autour de 259 000 €, cela correspond typiquement à des T3 dans les programmes tourangeaux. Par exemple, dans le programme ‘Les Impressionnistes’, un T3 neuf démarre à ce montant. D’autres logements plus petits (T2 de 40–45 m²) peuvent commencer bien en-dessous (~ 175 500 €), tandis que des T4 de ~ 77–79 m² se situent autour de 275 000 €.
Dans l’Indre-et-Loire, plusieurs logements neufs sont annoncés avec des livraisons pour fin 2025, soulignant un maintien d’activité local malgré la conjoncture morose.Le 4ᵉ Programme Local de l’Habitat (PLH) 2024–2029 de Tours Métropole prévoit la construction de 2 125 logements locatifs sociaux sur cette période.
Les chiffres du neuf à Tours : redémarrage ou stagnation ?
Bilan des mises en chantier et des permis
Selon l’Observatoire du logement neuf en Centre-Val de Loire, les mises en chantier dans la région affichent un léger rebond (+ 3 % à 9 600 logements commencés), mais les autorisations de construire chutent de 19 %.
À Tours plus précisément, la reprise est plus nuancée : au 1er trimestre 2025, les ventes nettes dépassent les mises en vente, ce qui fait baisser l’offre commerciale, selon la même source. Historiquement, Tours pouvait enregistrer environ 1 000 logements neufs vendus par an au pic de l’activité.
Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) : un levier majeur pour les primo-accédants
Bonne nouvelle pour les acheteurs : le PTZ est prolongé et renforcé en 2027, y compris pour l’achat dans le neuf sur l’ensemble du territoire.
Conditions clés du PTZ 2025
- Réservé aux primo-accédants.
- Possible pour l’achat d’un logement neuf respectant les normes énergétiques (RE2020).
- Peut financer jusqu’à 50 % du coût total de l’opération, selon les revenus du ménage.
- Différé et remboursement sans intérêts, ce qui baisse fortement le coût du projet.
Exemple de simulation (indicatif)
Prenons un primo-accédant achetant un T3 neuf à 259 000 € à Tours :
- Éligibilité supposée : quotité PTZ de 40 %.
- Montant du PTZ : ~103 600 €.
- Reste à financer : ~155 400 € via un prêt classique.
💡 Résultat :
Le PTZ réduit considérablement les intérêts et les mensualités, ce qui peut rendre le neuf accessible malgré un marché tendu.
Perspectives et scénarios de redémarrage
Scénario optimiste : redémarrage lent mais réel
Les mises en chantier locales pourraient continuer à progresser modestement, portées par quelques programmes phares.
Le PLH de Tours Métropole pourrait permettre de relancer l’offre sociale, surtout si les conditions de financement s’améliorent pour les bailleurs sociaux.
Une reprise des ventes nettes (comme observé début 2025) pourrait stabiliser l’offre commerciale à Tours.
Scénario pessimiste : stagnation ou rechute
Si les coûts de construction restent élevés et si les taux de crédit remontent, de nombreux projets pourraient être abandonnés ou reportés.
Le stock après achèvement pourrait grimper si les ventes ne suivent pas, augmentant les risques pour les promoteurs. Le secteur du BTP pourrait subir un ralentissement plus profond, avec des conséquences sur l’emploi local.
Enjeux pour Actenmain (et ses clients)
Pour les investisseurs
Le marché du neuf autour de Tours pourrait offrir des opportunités intéressantes si certains projets « stratégiques » (social, durable) repartent.
Cependant, le risque de désistement ou de report des programmes est à prendre en compte : bien évaluer les échéances de livraison et la solidité des promoteurs.
Pour les primo-accédants
Le redressement des taux (s’ils baissent) pourrait améliorer le pouvoir d’achat : à Tours, le pouvoir d’achat immobilier a déjà progressé récemment.
Les programmes BRS ou les logements sociaux du PLH peuvent représenter des opportunités plus abordables.
Conclusion
Le marché des logements neufs autour de Tours en 2025 est à un carrefour. D’un côté, la crise nationale de la construction pèse lourdement; de l’autre, des signaux de redémarrage émergent, portés par des projets ambitieux et un cadre local favorable.