Le changement climatique n’est plus une question abstraite pour les futurs propriétaires. Canicules, sécheresses, inondations : ces phénomènes influencent déjà les choix de logement des Français, et donc les projets de financement immobilier. Voici ce qu’il faut savoir avant d’acheter.
Un Français sur trois envisage de déménager à cause du climat
Selon une enquête Odoxa réalisée pour ICI en septembre 2025 auprès de plus de 13 000 personnes, neuf Français sur dix disent que le changement climatique a des incidences sur leur quotidien. Plus frappant encore : 28 % des Français pensent qu’ils pourraient déménager dans les années à venir pour habiter une commune moins exposée aux risques climatiques, un chiffre qui grimpe à 38 % en Île-de-France et 34 % en Paca et en Occitanie, contre seulement 19 % dans les communes rurales.
Les jeunes sont particulièrement concernés : 43 % des moins de 35 ans envisagent un déménagement pour cette raison, contre 11 % seulement chez les plus de 75 ans. Et parmi ceux qui franchiraient le pas, 12 % déclarent qu’ils pourraient même changer de région, en priorité vers la Bretagne (37 %) et la Normandie (14 %) des régions perçues comme plus fraîches en été.
La chaleur, nouveau critère d’achat
Le confort thermique d’un logement pèse de plus en plus dans la décision d’achat. Une enquête Ipsos bva pour Bouygues Immobilier, menée en avril 2026, montre que la capacité d’un logement à résister aux canicules est devenue un critère de choix pour 57 % des acheteurs. Plus d’un tiers des Français estiment même que leur logement actuel ne les protège pas efficacement de la chaleur, et 22 % envisagent de déménager pour trouver un habitat mieux adapté.
Un risque qui pèse déjà sur la valeur des biens
Au-delà des intentions, le risque climatique commence à se traduire concrètement dans les prix. France Assureurs estime que le coût cumulé des sinistres liés au climat en France pourrait atteindre 143 milliards d’euros d’ici 2050, contre 69 milliards sur la période 1989-2019 soit un doublement en une génération.
Autre évolution réglementaire à connaître : à partir du 1er juillet 2026, la nouvelle carte du retrait-gonflement des argiles (le phénomène qui fissure les maisons en cas de sécheresse) devra obligatoirement être annexée aux promesses de vente et actes de vente des terrains constructibles. Elle est consultable librement sur Géorisques.gouv.fr, le site officiel du ministère de la Transition écologique.
Ce que ça change pour votre projet immobilier
Ces évolutions ne doivent pas faire peur, mais elles méritent d’être intégrées dans la réflexion, au même titre que le prix au m² ou le DPE :
- Avant de signer une offre, vérifiez l’exposition du bien sur Géorisques.gouv.fr (inondation, argiles, submersion…).
- Anticipez le coût de l’assurance habitation, qui peut varier fortement selon la zone.
- Pensez à la revente à long terme : un bien bien isolé, végétalisé et situé hors zone à risque conserve mieux sa valeur.
- Votre courtier peut vous accompagner dans cette lecture, notamment sur l’impact du DPE et des travaux de rénovation sur votre capacité d’emprunt.